« Ouais, mais Emmanuelle Petiau, c'est cher pour ce que c'est. » La phrase est tombée à la fin d'un déjeuner, entre la poire et le café. Un commercial que je connais depuis des années, très bon dans son domaine, qui voulait basculer sur LinkedIn et qui cherchait une formation social selling Emmanuelle Petiau. Je lui ai demandé ce qu'il entendait par « cher ». Il n'a pas su répondre. Il avait vu un chiffre passer sur une page de vente, il l'avait comparé au prix d'un abonnement SaaS, et voilà.
Cette conversation m'est restée en tête. Parce qu'elle résume tout ce qui rend le sujet difficile : personne ne sait vraiment ce qu'il achète. On vous vend une promesse (« décuplez vos ventes »), on vous donne une durée (« deux jours »), un format (« distanciel ou présentiel »), et on vous laisse deviner le reste. Sauf que le reste, c'est précisément là que tout se joue.
Points clés à retenir
- Une formation social selling ne vaut que par la méthode qu'elle vous laisse entre les mains, pas par le charisme du formateur.
- Le vrai coût d'un programme à deux jours, c'est le temps de mise en œuvre derrière — comptez trois à six mois avant que le pipeline bouge.
- Le social selling n'est pas de la prospection de masse déguisée. C'est un travail de visibilité lente, souvent mal vendu parce que mal expliqué.
- Emmanuelle Petiau est positionnée sur le marketing digital, le SEO et le social selling, avec un parcours long dans le secteur.
- Avant de payer, demandez systématiquement un exemple de séquence concrète, un avant/après, et ce qui se passe le mois suivant la formation.
Formation social selling Emmanuelle Petiau : ce qui se cache derrière la promesse
Quand on tape ce nom, on tombe sur des pages qui se ressemblent toutes. LinkedIn présenté comme « levier commercial B2B ». Une liste de cibles : dirigeants, commerciaux, consultants, entrepreneurs. Un format : un ou deux jours, jusqu'à quinze participants, distanciel ou présentiel. Et des avis affichés à 4,8 sur 5.
Franchement, ça ne dit rien. Aucune de ces pages ne vous explique ce que vous saurez faire le lundi matin. C'est le problème numéro un du marché de la formation en général, et pas seulement chez cette formatrice.
Pourquoi le nom revient souvent
Le parcours d'Emmanuelle Petiau s'inscrit dans le marketing digital au sens large : référencement naturel, contenu, réseaux sociaux professionnels. On parle de près de vingt ans dans le secteur, ce qui, dans un domaine où les « experts » se déclarent en dix-huit mois, n'est pas anodin. C'est probablement ce qui explique sa visibilité : elle parle d'un sujet qu'elle pratique depuis assez longtemps pour avoir vu LinkedIn changer trois fois de logique algorithmique.
Ce que ça change pour vous ? Une chose simple. Quelqu'un qui a connu les versions d'avant sait distinguer ce qui relève d'un effet de mode de ce qui relève d'un mécanisme durable. Et sur LinkedIn, les modes passent vite.
Le social selling n'est pas ce qu'on vous vend
Voilà une chose que j'ai mis longtemps à comprendre. Le social selling, dans la bouche de la plupart des vendeurs de formation, c'est « utiliser les réseaux sociaux pour identifier et engager des prospects ». Définition correcte, inutile.
Dans les faits, sur le terrain, c'est autre chose. C'est poster régulièrement des choses qui montrent votre compétence, pendant des mois, à des gens qui ne vous répondront peut-être jamais. C'est accepter qu'un prospect sur dix lise vos publications pendant six mois avant de vous contacter. C'est un travail d'usure, pas de sprint.
Et ça, aucune page de vente ne vous le dira, parce que ce n'est pas vendeur.
Ce qu'une formation doit vous laisser, concrètement
J'ai suivi plusieurs programmes sur ce thème. Deux m'ont servi. Les autres m'ont coûté du temps et, à chaque fois, la même chose : rien à appliquer le lendemain.
D'où un critère que j'applique maintenant systématiquement : à la fin d'une session, je dois pouvoir écrire trois publications sans réfléchir et lancer une séquence de mise en relation sans me poser de question. Si je ressors avec des notes inspirantes mais rien de tangible, c'est raté.
Les quatre livrables qui comptent
- Un profil retravaillé — titre, bannière, section « À propos », pas un simple relooking cosmétique.
- Un calendrier éditorial réaliste, tenable sur trois mois, pas un plan à cinquante publications.
- Une séquence de prise de contact écrite, avec les messages exacts et les relances prévues.
- Une méthode de suivi : qui a répondu, qui a vu, qui relancer et quand.
Le troisième point est celui que je vois le plus souvent bâclé. On vous apprend à publier. On ne vous apprend pas à aborder quelqu'un sans passer pour un vendeur de pneus.
Le piège du formateur charismatique
C'est un biais dont j'ai été victime. Une session animée par quelqu'un de brillant, drôle, qui raconte bien ses réussites. On sort enthousiaste. Deux semaines plus tard, on ne sait toujours pas quoi écrire.
Le charisme n'est pas un critère d'achat. La clarté de la méthode, oui. Et pour évaluer ça avant de payer, il n'y a qu'une question à poser : « Montrez-moi une séquence complète, du premier message à la réponse. » Un formateur qui sait enseigner vous la sortira en deux minutes. Un formateur qui vend du rêve vous parlera d'état d'esprit.
Combien ça coûte vraiment, et à quoi le comparer
Ici il faut être honnête : les tarifs varient énormément, et je ne vais pas inventer des prix. Ce que je peux vous donner, c'est une grille de lecture. Une formation inter-entreprises de deux jours se situe généralement dans une fourchette qui va de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros par personne, selon l'organisme, le format et la prise en charge éventuelle. En intra, pour une équipe, la facture se raisonne différemment.
Le vrai calcul, personne ne le fait. Il est simple pourtant.
| Poste | Coût réel | Ce qu'on oublie |
|---|---|---|
| Inscription | Visible, affiché sur le devis | Rien, c'est la partie facile |
| Temps de présence | 2 jours | Le manque à gagner si vous êtes indépendant |
| Mise en œuvre | 3 à 6 mois à raison de 3-5 h par semaine | C'est le vrai investissement, et il n'est jamais annoncé |
| Abonnements outils | Variable | Certains formateurs enseignent des outils payants |
Sur ce tableau, le poste qui décide de la rentabilité, c'est le troisième. Une formation à cinq cents euros jamais appliquée coûte plus cher qu'une formation à deux mille euros appliquée sérieusement. J'ai fait les deux cas de figure. La première fois, j'ai « appris » et rien changé. La seconde, j'ai accepté de bloquer deux heures chaque lundi matin pour publier et prospecter. Résultat au bout d'un trimestre : mon taux de réponse aux messages de mise en relation est passé d'environ 1 sur 10 à presque 1 sur 3. Pas magique. Juste mécanique : quand on publie régulièrement, les gens qui reçoivent votre message savent déjà qui vous êtes.
Les limites que personne ne vous dit
Le social selling ne marche pas partout. Si votre cible n'est pas sur LinkedIn, vous perdez votre temps et votre argent. Secteurs concernés : tout ce qui est très local, très jeune, ou très réglementé avec des circuits d'achat fermés.
Deuxième limite, plus dérangeante : la dépendance à la plateforme. Vous construisez votre pipeline sur un outil qui peut changer ses règles du jour au lendemain, et qui l'a déjà fait. Une bonne formation doit vous l'enseigner, parce que ça change la façon de travailler : on ne met pas tous ses œufs dans le même panier, on capture les contacts ailleurs.
Troisième limite, et c'est celle dont on parle le moins : tout le monde n'a pas le tempérament pour ça. Publier, c'est s'exposer. Certains commerciaux excellent au téléphone et se tarissent dès qu'il faut écrire publiquement. Ce n'est pas un défaut, c'est un profil. Aucune formation ne corrige ça en deux jours.
Questions que l'on me pose souvent
Faut-il déjà avoir un réseau sur LinkedIn pour que ce soit utile ?
Non, mais il faut accepter de partir de loin. Un profil avec moins de 500 relations mettra plus longtemps à générer quoi que ce soit, parce que la portée d'une publication dépend en partie du nombre de personnes qui la voient dans les premières heures. Ce n'est pas bloquant. C'est juste plus lent, et il faut le savoir avant de signer.
Deux jours suffisent-ils pour maîtriser le social selling ?
Pour comprendre les principes, oui. Pour maîtriser, non — et quiconque vous promet le contraire vous vend du vent. Deux jours servent à poser un cadre et à repartir avec des outils. La maîtrise vient de la répétition, sur plusieurs mois. Le rôle d'une bonne session, c'est de vous éviter de perdre trois mois à tester des approches qui ne fonctionnent pas.
Peut-on se former seul plutôt que de payer ?
Oui, et beaucoup le font. Le problème n'est pas l'accès à l'information, elle est partout et gratuite. Le problème, c'est le tri et la discipline. Une formation payante achète deux choses : un filtre (ce qui marche, ce qui ne marche plus) et une obligation de rendre des comptes. Si vous êtes capable de tenir un plan de publication sur six mois sans que personne ne vous le demande, vous n'avez probablement pas besoin de payer.
Ce qu'il faut demander avant de s'inscrire
Si vous envisagez ce type de programme, posez ces questions par écrit. Les réponses vous en diront plus long que n'importe quel avis affiché.
- Quelle est la séquence d'actions précise que je pourrai exécuter dès le lendemain ?
- Y a-t-il un suivi après la session, et sous quelle forme ?
- Les outils enseignés sont-ils payants, et à quel coût mensuel ?
- Quel est le taux de complétion des exercices pratiques pendant la session ?
- Puis-je parler à un ancien participant dont l'activité ressemble à la mienne ?
La cinquième est celle qui élimine le plus de candidats. Un organisme sûr de sa méthode vous mettra en contact. Un autre vous répondra que la confidentialité l'en empêche.
Pour en revenir à mon commercial du déjeuner : il a fini par s'inscrire ailleurs, dans un format plus court, moins cher, animé par quelqu'un de moins connu. Six mois plus tard, il signait son premier client venu de LinkedIn. Pas trois. Un. Mais un client qui a payé la formation vingt fois.
La question n'est donc pas de savoir si un nom vaut le prix demandé. Elle est de savoir si vous êtes prêt à publier deux fois par semaine pendant six mois, y compris les semaines où personne ne réagit. Si la réponse est non, gardez votre argent. Si elle est oui, le nom du formateur importe finalement assez peu — ce qui compte, c'est ce que vous en ferez le lundi matin.